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Blog - Brèves d'eau


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Australie: un marché de l'eau à la dérive 05/20  -  par   Maurice

mai 2020

Australie : un marché de l'eau à la dérive.

Par Aude Massiot, Envoyée spéciale à Dubbo et Sydney — Libé 13 mai 2020 Depuis 1994, le pays a mis en place un système censé soutenir l’économie tout en
empêchant le gaspillage de la précieuse ressource. Mais sans garde-fou, il incite à la spéculation avec des conséquences pour les plus petits exploitants, comme dans la région de Dubbo en Nouvelle-Galles du Sud.


D’un rapide geste de la main, Scott chasse une mouche de son visage bronzé. Au volant de son pick-up brinquebalant sur le bitume surchauffé, l’agriculteur en jean et coiffé d’un chapeau de cow-boy montre des deux côtés de la route des bovins noirs qui grattent les prairies caillouteuses sous le soleil ardent. «Nos vaches
devraient avoir de l’herbe jusqu’aux genoux à cette époque de l’année, lance l’Australien de 54 ans. Dans une saison normale, on serait en train de travailler dans les champs. Au lieu de ça, on est assis dans nos fermes, désoeuvrés.»


La région de Dubbo, au centre de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, souffre depuis trois ans de l’une des pires sécheresses de son histoire. Sans irrigation, rien ne pousse. L’eau qui était déjà une précieuse ressource dans ces contrées semi-arides est devenue un bien rare et convoité. Et comme partout dans le pays, une source de revenus pour certains. Car en Australie, l’eau a un prix.


L’île-continent a été le premier pays au monde à avoir mis en place un marché de l’eau, dès 1994, qui draine aujourd’hui entre 1 et 2 milliards de dollars australiens par an (600 000 à 1,2 million d’euros). A l’origine, le but affiché par le gouvernement fédéral était clair : favoriser les activités les plus productives pour booster l’économie
australienne. «Cette réforme s’est faite dans une approche néolibérale, explique Rosemary Lyster, professeure de droit environnemental de l’université de Sydney. Quand, en 2004, le gouvernement a voulu faire du mécanisme de marché le principal outil de gestion de l’eau dans le pays, c’est le Conseil national de la concurrence qui a été chargé de vérifier que les Etats se conformaient à la réforme. Près de 16 milliards de dollars australiens ont été débloqués pour les encourager.»


«Trop de quotas distribués»


Bien que ses motivations soient économiques, le gouvernement australien a été forcé d’inclure des impératifs environnementaux dans sa réforme. Pour surpasser les pouvoirs des Etats, l’exécutif fédéral a dû se baser sur plusieurs traités de droit international signés par l’Australie sur la protection de la biodiversité. Grâce à ce tour de
passe-passe légal, le Water Act, voté en 2007 pour conforter le système de marché, énonce clairement la protection des écosystèmes comme une des priorités des plans de gestion de l’eau que doivent développer les Etats en parallèle des marchés.


L’idée était bien de donner un prix à l’eau. En cas de pénurie, les tarifs augmenteraient et seules les activités les plus rémunératrices auraient les moyens financiers de continuer à acheter de l’or bleu. Contre toute attente, les environnementalistes ont soutenu le principe car, selon eux, ce système permettrait de réduire les gaspillages. En plus de cela, le gouvernement fédéral s’est engagé à acheter une certaine quantité d’eau tous les ans pour garantir qu’elle reste dans l’environnement.


Seulement, vingt-six ans plus tard, le système est en crise, et la sécheresse historique en révèle abruptement les défauts. Son fonctionnement est complexe mais il peut être résumé ainsi : les territoires ont distribué des droits permanents à pomper de l’eau aux agriculteurs, aux industriels et aux collectivités. Ceux-ci peuvent choisir de
revendre temporairement ou définitivement leurs quotas, s’ils n’en ont pas besoin ou pour engranger des revenus. Ces transactions se jouent dans des véritables bourses de l’eau où les prix fluctuent en fonction de l’offre et de la demande. Tout le monde peut se servir.


Des filets d’oranges et de tomates étalés sur le stand devant lui, une main pour se cacher du soleil au zénith, Tony Barlow relate, sans émotion, comment il maintient son exploitation en vie au jour le jour. «Comme le niveau de l’eau de la rivière Macquarie, qui passe en bordure de la ville, est bas, il est devenu très cher d’acheter de l’eau, dit l’agriculteur en servant un client sur le marché de Dubbo. Je paye environ 1 000 dollars australiens le mégalitre contre 150 dans une année normale, sachant que j’en consomme autour de 80 mégalitres par an dans mon exploitation.» Comment trouve-t-il son eau ? Comme beaucoup de ses confrères, il a recours à un courtier, qui prend une juteuse commission : «Il nous appelle quand il a trouvé un autre agriculteur prêt à me vendre une partie de son eau. Puis nous avons vingt-quatre heures pour pomper la quantité d’eau achetée, une fois qu’elle a été relâchée dans la rivière.»


Comme Scott, Tony connaît des fermiers qui ont arrêté de travailler et trouvent plus profitable de vendre leurs droits à l’eau. Même les collectivités comme le conseil régional de Dubbo payent des intermédiaires pour vendre leurs quotas sur les marchés, nous a expliqué une des responsables locales.


John Quiggin, un des économistes australiens experts de la question, ne considère pas que le système de marché est inefficace en soi pour bien gérer les ressources naturelles. «Le problème est que, comme pour le marché carbone européen, trop de quotas ont été distribués par rapport à l’eau disponible dans l’environnement,
argumente le chercheur de l’université du Queensland. Les calculs n’avaient pas de fondements scientifiques et ils ne prenaient pas en compte la baisse de la disponibilité de l’eau causée par le réchauffement climatique.»


Assis sur une botte de foin, à l’ombre d’un hangar en tôle grise, Scott ne décrie pas non plus le système, efficace pour limiter le gaspillage. Mais lui qui irrigue une partie de ses terres pour produire du foin, pointe du doigt une autre dérive : il regrette qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir un usage de l’eau pour en acquérir des droits. «Des
investisseurs et des fonds spéculatifs achètent des quantités énormes de quotas d’eau, puis attendent que les prix montent pour les revendre, explique le fermier descendant de trois générations d’agriculteurs. Ce n’est pas normal.» Cette spéculation commence déjà à transformer le paysage agricole australien. Les cultures d’agrumes, de coton et d’amandes remplacent peu à peu les céréales et se concentrent dans les mains d’un nombre réduit d’entreprises de l’agro-industrie.


D’après David Littleproud, le ministre fédéral responsable des ressources en eau, 14 % des licences sont détenues par des investisseurs. Cette spéculation financière est une conséquence logique du système tel qu’il a été mis en place, assure, de son côté, Rosemary Lyster. «Ces entreprises utilisent la loi parce qu’elles le peuvent, souligne la chercheuse. Il est impossible de dire si un système de marché de l’eau est efficace ou non, car il n’a jamais pu fonctionner correctement, en Australie, à cause des interférences politiques et du lobby agricole.»


«Problèmes de surveillance»


Le gouvernement a commencé à s’inquiéter de ces dérives seulement récemment. Réuni avec les Etats, en décembre, il a demandé à la Commission australienne de la concurrence et des consommateurs de «présenter des recommandations, [prévues en mars et finalement repoussées, ndlr] sur l’impact de la propriété étrangère de
droits sur l’eau, de la possession monopolistique et de la spéculation contre-productive, et de déterminer si des changements sont nécessaires dans la réglementation du marché».


La porte de sa maison grande ouverte sur la rue d’un quartier cossu de Sydney, Emma Carmody a le ton de ceux qui ont l’habitude de se battre pour obtenir ce qu’ils veulent. En 2017, un documentaire d’investigation a révélé l’un des plus gros scandales liés au marché de l’eau australien, et l’avocate en était l’une des principales sources. «Plusieurs clients étaient venus me voir, inquiets après que des vols d’eau ont été perpétrés dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, raconte-t-elle. Ils avaient prévenu les autorités mais elles n’avaient pas réagi. J’ai fait de même, elles n’étaient pas intéressées. Alors j’ai commencé à enquêter toute seule et j’ai fini par obtenir des preuves qu’un gros producteur de coton volait d’importantes quantités d’eau en trafiquant ses compteurs de pompage.» Après la sortie du documentaire sur la chaîne publique ABC, son cabinet a porté plainte.


D’après cette experte du droit de l’environnement australien, la loi sur l’eau n’est pas le problème, mais plutôt son application. «Depuis ces révélations, plusieurs enquêtes officielles ont prouvé qu’il y avait de gros problèmes de surveillance, notamment de vérification de la fiabilité des compteurs d’eau adossés aux pompes dans les cours d’eau, ajoute Emma Carmody. Un nouveau régulateur très sérieux a été mis en poste en Nouvelle-Galles du Sud. C’est une première avancée.» Dans sa clientèle, elle réunit autant des fermiers de produits laitiers que des communautés autochtones, tous démunis face aux prix du marché. «Une partie de l’industrie ne peut pas survivre et l’Etat ne les aide pas, poursuit-elle. Certains diraient que c’est le but du marché, mais ce n’est pas humain de créer un système destiné à réduire l’accès à l’eau aux personnes qui en ont besoin.»


Au marché de Dubbo, Jack s’affaire derrière ses pots de confits de figues aux multiples épices. Il n’hésite pas à poser la question en toile de fond du débat national, mais qu’étonnamment personne ne semble vouloir formuler : est-il seulement moral de commercialiser une ressource naturelle comme l’eau ?


Aude Massiot Envoyée spéciale à Dubbo et Sydney


 

mai 2020

Australie : un marché de l'eau à la dérive.

Par Aude Massiot, Envoyée spéciale à Dubbo et Sydney — Libé 13 mai 2020 Depuis 1994, le pays a mis en place un système censé soutenir l’économie tout en
empêchant le gaspillage de la précieuse ressource. Mais sans garde-fou, il incite à la spéculation avec des conséquences pour les plus petits exploitants, comme dans la région de Dubbo en Nouvelle-Galles du Sud.


D’un rapide geste de la main, Scott chasse une mouche de son visage bronzé. Au volant de son pick-up brinquebalant sur le bitume surchauffé, l’agriculteur en jean et coiffé d’un chapeau de cow-boy montre des deux côtés de la route des bovins noirs qui grattent les prairies caillouteuses sous le soleil ardent. «Nos vaches
devraient avoir de l’herbe jusqu’aux genoux à cette époque de l’année, lance l’Australien de 54 ans. Dans une saison normale, on serait en train de travailler dans les champs. Au lieu de ça, on est assis dans nos fermes, désoeuvrés.»


La région de Dubbo, au centre de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, souffre depuis trois ans de l’une des pires sécheresses de son histoire. Sans irrigation, rien ne pousse. L’eau qui était déjà une précieuse ressource dans ces contrées semi-arides est devenue un bien rare et convoité. Et comme partout dans le pays, une source de revenus pour certains. Car en Australie, l’eau a un prix.


L’île-continent a été le premier pays au monde à avoir mis en place un marché de l’eau, dès 1994, qui draine aujourd’hui entre 1 et 2 milliards de dollars australiens par an (600 000 à 1,2 million d’euros). A l’origine, le but affiché par le gouvernement fédéral était clair : favoriser les activités les plus productives pour booster l’économie
australienne. «Cette réforme s’est faite dans une approche néolibérale, explique Rosemary Lyster, professeure de droit environnemental de l’université de Sydney. Quand, en 2004, le gouvernement a voulu faire du mécanisme de marché le principal outil de gestion de l’eau dans le pays, c’est le Conseil national de la concurrence qui a été chargé de vérifier que les Etats se conformaient à la réforme. Près de 16 milliards de dollars australiens ont été débloqués pour les encourager.»


«Trop de quotas distribués»


Bien que ses motivations soient économiques, le gouvernement australien a été forcé d’inclure des impératifs environnementaux dans sa réforme. Pour surpasser les pouvoirs des Etats, l’exécutif fédéral a dû se baser sur plusieurs traités de droit international signés par l’Australie sur la protection de la biodiversité. Grâce à ce tour de
passe-passe légal, le Water Act, voté en 2007 pour conforter le système de marché, énonce clairement la protection des écosystèmes comme une des priorités des plans de gestion de l’eau que doivent développer les Etats en parallèle des marchés.


L’idée était bien de donner un prix à l’eau. En cas de pénurie, les tarifs augmenteraient et seules les activités les plus rémunératrices auraient les moyens financiers de continuer à acheter de l’or bleu. Contre toute attente, les environnementalistes ont soutenu le principe car, selon eux, ce système permettrait de réduire les gaspillages. En plus de cela, le gouvernement fédéral s’est engagé à acheter une certaine quantité d’eau tous les ans pour garantir qu’elle reste dans l’environnement.


Seulement, vingt-six ans plus tard, le système est en crise, et la sécheresse historique en révèle abruptement les défauts. Son fonctionnement est complexe mais il peut être résumé ainsi : les territoires ont distribué des droits permanents à pomper de l’eau aux agriculteurs, aux industriels et aux collectivités. Ceux-ci peuvent choisir de
revendre temporairement ou définitivement leurs quotas, s’ils n’en ont pas besoin ou pour engranger des revenus. Ces transactions se jouent dans des véritables bourses de l’eau où les prix fluctuent en fonction de l’offre et de la demande. Tout le monde peut se servir.


Des filets d’oranges et de tomates étalés sur le stand devant lui, une main pour se cacher du soleil au zénith, Tony Barlow relate, sans émotion, comment il maintient son exploitation en vie au jour le jour. «Comme le niveau de l’eau de la rivière Macquarie, qui passe en bordure de la ville, est bas, il est devenu très cher d’acheter de l’eau, dit l’agriculteur en servant un client sur le marché de Dubbo. Je paye environ 1 000 dollars australiens le mégalitre contre 150 dans une année normale, sachant que j’en consomme autour de 80 mégalitres par an dans mon exploitation.» Comment trouve-t-il son eau ? Comme beaucoup de ses confrères, il a recours à un courtier, qui prend une juteuse commission : «Il nous appelle quand il a trouvé un autre agriculteur prêt à me vendre une partie de son eau. Puis nous avons vingt-quatre heures pour pomper la quantité d’eau achetée, une fois qu’elle a été relâchée dans la rivière.»


Comme Scott, Tony connaît des fermiers qui ont arrêté de travailler et trouvent plus profitable de vendre leurs droits à l’eau. Même les collectivités comme le conseil régional de Dubbo payent des intermédiaires pour vendre leurs quotas sur les marchés, nous a expliqué une des responsables locales.


John Quiggin, un des économistes australiens experts de la question, ne considère pas que le système de marché est inefficace en soi pour bien gérer les ressources naturelles. «Le problème est que, comme pour le marché carbone européen, trop de quotas ont été distribués par rapport à l’eau disponible dans l’environnement,
argumente le chercheur de l’université du Queensland. Les calculs n’avaient pas de fondements scientifiques et ils ne prenaient pas en compte la baisse de la disponibilité de l’eau causée par le réchauffement climatique.»


Assis sur une botte de foin, à l’ombre d’un hangar en tôle grise, Scott ne décrie pas non plus le système, efficace pour limiter le gaspillage. Mais lui qui irrigue une partie de ses terres pour produire du foin, pointe du doigt une autre dérive : il regrette qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir un usage de l’eau pour en acquérir des droits. «Des
investisseurs et des fonds spéculatifs achètent des quantités énormes de quotas d’eau, puis attendent que les prix montent pour les revendre, explique le fermier descendant de trois générations d’agriculteurs. Ce n’est pas normal.» Cette spéculation commence déjà à transformer le paysage agricole australien. Les cultures d’agrumes, de coton et d’amandes remplacent peu à peu les céréales et se concentrent dans les mains d’un nombre réduit d’entreprises de l’agro-industrie.


D’après David Littleproud, le ministre fédéral responsable des ressources en eau, 14 % des licences sont détenues par des investisseurs. Cette spéculation financière est une conséquence logique du système tel qu’il a été mis en place, assure, de son côté, Rosemary Lyster. «Ces entreprises utilisent la loi parce qu’elles le peuvent, souligne la chercheuse. Il est impossible de dire si un système de marché de l’eau est efficace ou non, car il n’a jamais pu fonctionner correctement, en Australie, à cause des interférences politiques et du lobby agricole.»


«Problèmes de surveillance»


Le gouvernement a commencé à s’inquiéter de ces dérives seulement récemment. Réuni avec les Etats, en décembre, il a demandé à la Commission australienne de la concurrence et des consommateurs de «présenter des recommandations, [prévues en mars et finalement repoussées, ndlr] sur l’impact de la propriété étrangère de
droits sur l’eau, de la possession monopolistique et de la spéculation contre-productive, et de déterminer si des changements sont nécessaires dans la réglementation du marché».


La porte de sa maison grande ouverte sur la rue d’un quartier cossu de Sydney, Emma Carmody a le ton de ceux qui ont l’habitude de se battre pour obtenir ce qu’ils veulent. En 2017, un documentaire d’investigation a révélé l’un des plus gros scandales liés au marché de l’eau australien, et l’avocate en était l’une des principales sources. «Plusieurs clients étaient venus me voir, inquiets après que des vols d’eau ont été perpétrés dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, raconte-t-elle. Ils avaient prévenu les autorités mais elles n’avaient pas réagi. J’ai fait de même, elles n’étaient pas intéressées. Alors j’ai commencé à enquêter toute seule et j’ai fini par obtenir des preuves qu’un gros producteur de coton volait d’importantes quantités d’eau en trafiquant ses compteurs de pompage.» Après la sortie du documentaire sur la chaîne publique ABC, son cabinet a porté plainte.


D’après cette experte du droit de l’environnement australien, la loi sur l’eau n’est pas le problème, mais plutôt son application. «Depuis ces révélations, plusieurs enquêtes officielles ont prouvé qu’il y avait de gros problèmes de surveillance, notamment de vérification de la fiabilité des compteurs d’eau adossés aux pompes dans les cours d’eau, ajoute Emma Carmody. Un nouveau régulateur très sérieux a été mis en poste en Nouvelle-Galles du Sud. C’est une première avancée.» Dans sa clientèle, elle réunit autant des fermiers de produits laitiers que des communautés autochtones, tous démunis face aux prix du marché. «Une partie de l’industrie ne peut pas survivre et l’Etat ne les aide pas, poursuit-elle. Certains diraient que c’est le but du marché, mais ce n’est pas humain de créer un système destiné à réduire l’accès à l’eau aux personnes qui en ont besoin.»


Au marché de Dubbo, Jack s’affaire derrière ses pots de confits de figues aux multiples épices. Il n’hésite pas à poser la question en toile de fond du débat national, mais qu’étonnamment personne ne semble vouloir formuler : est-il seulement moral de commercialiser une ressource naturelle comme l’eau ?


Aude Massiot Envoyée spéciale à Dubbo et Sydney


 

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Publié le 23/05/2020 04:11   | |    |