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Brèves d'eau

Le Grand Lyon et le Privé, une longue histoire. 10/12  -  par Maurice

15 octobre  2012

Le Grand Lyon et le Privé, une longue histoire.

Soit le président du Grand Lyon ne connait pas son dossier, ce qui serait
vraiment surprenant, soit il tente de leurrer ses concitoyens simplement
pour ne pas dire publiquement son très fort attachement pour Veolia.

Lundi 8 octobre en conférence de presse, Gérard Collomb a présenté les
choix du Grand Lyon quant au futur mode de gestion de l’eau pour les 8 ou
10 prochaines années : la reconduction de la délégation de service public
au privé.

Le choix des élus, pour peu qu’il soit partagé par leurs concitoyens, ne
peut en aucun cas être critiqué. Il est possible de comprendre que Gérard
Collomb ait envie de continuer une collaboration avec Veolia certainement
très fructueuse.

Sachant que Lyon inscrit son histoire depuis 1853 dans le processus de
délégation de service public au privé, nous comprenons que l’idée d’une
régie publique de l’eau soit moins facile à faire avancer à Lyon plutôt
qu’à Paris ou Grenoble ou l’esprit du service public et de la régie
publique de l’eau sont inscrit dans l’histoire même de ces cités.

En revanche, l’argument alibi présenté par Gérard Collomb est profondément
surprenant pour ne pas dire fallacieux.

La peur de prendre ses responsabilités

Dire qu’il n’est pas possible de créer une régie car il faudrait alors
embaucher 371 salariés qui deviendraient des fonctionnaires territoriaux
est simplement faux. Le choix ne se pose absolument pas dans ces termes.

S’il est vrai que certaines régies anciennes fonctionnent de cette façon
comme par exemple sur Angers, tous les acteurs de régies publiques modernes
savent pertinemment que les salariés d’une régie publique sont maintenant
embauchés dans le cadre de statut de droit privé et ne sont en aucun cas
intégrés comme fonctionnaires territoriaux. Il est par ailleurs inquiétant
que la peur de prendre ses responsabilités pour des salariés d’un service
public essentiel soit avancée comme argument de choix par un responsable
politique.

Pour rappel précis de la loi, seules les communes dotées de régies directes
créées avant la loi du 28 décembre 1926, ont la possibilité de les
conserver. Dans tous les autres cas, les régies sont aujourd’hui à
autonomie financières et/ou à personnalité morale et dans ce cadre les
salariés sont forcément de droit privé, excepté pour le poste de directeur
et de comptable.

Les multinationales de l’eau et la pression des marchés financiers

Nous espérons vivement que Gérard Collomb expliquera ses choix aux Lyonnais
en usant d’arguments crédibles qui fasse grandir la cause du service public
de l’eau dans notre pays plutôt que de le dénigrer en ne trouvant rien de
mieux qu’un argument fallacieux.

L’action publique se modernise et offre aujourd’hui un champ d’action
pertinent, innovant, permettant une vue à long terme du service public que
nos multinationales de l’eau ont perdu du fait de la pression des marchés
financiers sur leur capitaux. Nous avons besoin plus que jamais de
politiques de l’eau qui engagent nos villes sur 100 ans et non sur 10 ans,
le temps d’un contrat.

Seules les régies publiques ont cette capacité mais Gérard Collomb semble
l’ignorer. Espérons que le débat puisse se poursuive à Lyon et qu’enfin
nous comprenions pourquoi la troisième ville de France semble faire un
choix d’un autre temps plutôt que de se lancer résolument sur la voie du
21ème siècle.

Les signataires : Christophe Lime, adjoint au maire de Besançon ; Daniel
Marcovitch, vice-président du comité national de l’eau; Raymond Avrillier,
maire adjoint Honoraire de Grenoble ; Jean Luc Touly, conseiller régional
Ile de France, Gabriel Amard, président de la communauté d’agglomération
des Lacs de l’Essonne, Emmanuel Poilane, directeur général de la Fondation
Danielle Mitterrand France Libertés.

15 octobre  2012

Le Grand Lyon et le Privé, une longue histoire.

Soit le président du Grand Lyon ne connait pas son dossier, ce qui serait
vraiment surprenant, soit il tente de leurrer ses concitoyens simplement
pour ne pas dire publiquement son très fort attachement pour Veolia.

Lundi 8 octobre en conférence de presse, Gérard Collomb a présenté les
choix du Grand Lyon quant au futur mode de gestion de l’eau pour les 8 ou
10 prochaines années : la reconduction de la délégation de service public
au privé.

Le choix des élus, pour peu qu’il soit partagé par leurs concitoyens, ne
peut en aucun cas être critiqué. Il est possible de comprendre que Gérard
Collomb ait envie de continuer une collaboration avec Veolia certainement
très fructueuse.

Sachant que Lyon inscrit son histoire depuis 1853 dans le processus de
délégation de service public au privé, nous comprenons que l’idée d’une
régie publique de l’eau soit moins facile à faire avancer à Lyon plutôt
qu’à Paris ou Grenoble ou l’esprit du service public et de la régie
publique de l’eau sont inscrit dans l’histoire même de ces cités.

En revanche, l’argument alibi présenté par Gérard Collomb est profondément
surprenant pour ne pas dire fallacieux.

La peur de prendre ses responsabilités

Dire qu’il n’est pas possible de créer une régie car il faudrait alors
embaucher 371 salariés qui deviendraient des fonctionnaires territoriaux
est simplement faux. Le choix ne se pose absolument pas dans ces termes.

S’il est vrai que certaines régies anciennes fonctionnent de cette façon
comme par exemple sur Angers, tous les acteurs de régies publiques modernes
savent pertinemment que les salariés d’une régie publique sont maintenant
embauchés dans le cadre de statut de droit privé et ne sont en aucun cas
intégrés comme fonctionnaires territoriaux. Il est par ailleurs inquiétant
que la peur de prendre ses responsabilités pour des salariés d’un service
public essentiel soit avancée comme argument de choix par un responsable
politique.

Pour rappel précis de la loi, seules les communes dotées de régies directes
créées avant la loi du 28 décembre 1926, ont la possibilité de les
conserver. Dans tous les autres cas, les régies sont aujourd’hui à
autonomie financières et/ou à personnalité morale et dans ce cadre les
salariés sont forcément de droit privé, excepté pour le poste de directeur
et de comptable.

Les multinationales de l’eau et la pression des marchés financiers

Nous espérons vivement que Gérard Collomb expliquera ses choix aux Lyonnais
en usant d’arguments crédibles qui fasse grandir la cause du service public
de l’eau dans notre pays plutôt que de le dénigrer en ne trouvant rien de
mieux qu’un argument fallacieux.

L’action publique se modernise et offre aujourd’hui un champ d’action
pertinent, innovant, permettant une vue à long terme du service public que
nos multinationales de l’eau ont perdu du fait de la pression des marchés
financiers sur leur capitaux. Nous avons besoin plus que jamais de
politiques de l’eau qui engagent nos villes sur 100 ans et non sur 10 ans,
le temps d’un contrat.

Seules les régies publiques ont cette capacité mais Gérard Collomb semble
l’ignorer. Espérons que le débat puisse se poursuive à Lyon et qu’enfin
nous comprenions pourquoi la troisième ville de France semble faire un
choix d’un autre temps plutôt que de se lancer résolument sur la voie du
21ème siècle.

Les signataires : Christophe Lime, adjoint au maire de Besançon ; Daniel
Marcovitch, vice-président du comité national de l’eau; Raymond Avrillier,
maire adjoint Honoraire de Grenoble ; Jean Luc Touly, conseiller régional
Ile de France, Gabriel Amard, président de la communauté d’agglomération
des Lacs de l’Essonne, Emmanuel Poilane, directeur général de la Fondation
Danielle Mitterrand France Libertés.

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Publié le 18/04/2016 06:07   | Tous les billets | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
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